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Les plantes au Centre Mampuya |
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Baobab, Pain de singe |
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| Nom botanique: Adansonia digitata L. BAMBARA: Sira, Sito PEUL: Bobbe, Boki, Boy, Boré SÉRER: Bak WOLOF: Gouye (arbre), Bouye (fruit), Lalo (feuilles), Gif (graines) |
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| Famille: Bombacaceae Caractères botaniques remarquables: Adansonia digitata, ou baobab, est connu dans toute lAfrique tropicale par son tronc immense et ses énormes branches. Celles-ci ressemblent à des racines, ce qui accrédite la croyance que larbre tire grâce à elles sa force du ciel. Diamètre atteignant 3 à 6 m et hauteur, 25 à 30 m. Son aspect frappant inspire de nombreuses comparaisons: éléphant végétal (pachyderme), chameau parmi les plantes, monument préhistorique, «trône des dieux». Les jeunes arbres ont un tout autre aspect, ils ressemblent à des bouteilles élancées dans le bouchon desquelles on aurait piqué les rameaux. Arbre dénudé en saison sèche. Ecorce de 2,5 cm dépaisseur environ, tendre, re-couverte dune pellicule gris argent, parfois viola-cée. Tranche marbrée blanc et rouge, exsudant de la gomme. Plusieurs variétés. Feuilles longuement pétiolées, digitées, avec 3 à 9 (6 à 7) folioles entières, lancéolées, longues de 4 à 15 cm et jusquà 5 cm de large, brillantes dessus, poilues dessous. Fleurs de 15 à 20 cm de diamètre, dun blanc éclatant, se tachant de brun avec lâge ou quand on des cueille, solitaires, suspendues à une ficelle, qui peut atteindre 1 m de longueur et support plus tard le fruit. Pollinisation par les chauve-souris et dautres micro-mammifères. Chez une variété le fruit est sphérique ovoïde, chez lautre il est allongé ellipsoïde, mesurant 12 à 36 cm de long et 7 à 17 cm de diamètre. Son enveloppe de 0,5 à 1 cm dépaisseur est pelucheuse, dure, ligneuse, vert brunâtre ou jaunâtre gris et remplie dune pulpe blanche à rosâtre pâle, compartimentée par 10 cloisons fibreuses dans le sens de la longueur. La pulpe contient de nombreuses graines de la grandeur dun haricot, dures, réniformes, brun noir avec des incrustations brun rouge. Floraison: En fin de saison sèche ou juste avant les premières pluies, souvent avant lapparition des premières feuilles. Répartition et Habitat: Afrique tropicale sèche, du Sénégal au Soudan, Afrique orientale, de lEthiopie au Mozambique et au Natal. Très commune et grégaire. Zones sahélo-soudaniennes. Espèce protégée souvent plantée, dont la présence est liée à loccupation humaine. En brousse, elle signale no-tamment les villages disparus. Sols aux qualités très variables. Dans certaines régions, par exemple au Sénégal (Thiès, Kédougou) il forme des peuplements presque fermés. Atteint en Afrique orientale 1500m daltitude. Ne pousse pas dans la forêt tropicale humide. Bibliographie: Arbonnier CIRAD MNHN (2000); Fortin, Lô, Maynart: ENDA 2000; von Maydell (1983/1990). |
A noter: Grâce à sa grandeur imposante, à son grand âge et à son utilité variée, le baobab joue un grand rôle dans la culture africaine. Comme source dombrage et point de repère dans le paysage, il sert de lieu de rassemblement, de marché ou dautres manifestations. Il a une haute résistence au feu et à la sécheresse, car le tronc est succulent. Les estimations de lâge varient énormément et vont de 1000 à 6000 ans. Les déterminations on été tentées avec différents procédés, mais son difficiles et assez imprécises. La cir-conférence des vieux arbres décroît parfois nettement (effet du climat?). On ne connaît pas dennemis au baobab. Les jeunes sujets son détruits par le bétail ou le feu, les plus grains (par exemple en Afrique orientale) son endommagées par les éléphants qui cassent les branches. Les vieux arbres sont foudroyés, renversés par la tempête ou seffondrent. Utilisations: Le baobab est un des arbres les plus utiles du Sahel, ce qui lui vaut tradition-nellement la protection et la vénération de la population. On connaît une trentaine dusage divers dont voici quelques exemples. Tous les organes de la plante sont riches en matières mucilagineuses et constituent des médicaments émollients et adoucissant. Les feuilles, récoltées en juin, peu après leu épa-nouissement, sont bouillies et servies comme des épinards ou séchées au soleil, réduites en poudre (lalo) et conservées pour être incorpo-rées aux céréales sous forme dune sauce. Les analyses ont démontré que les feuilles, riches en calcium, fer, protéines et lipides, constituaient un aliment de complément irremplaçable pour les consommateurs de mil. Les feuilles sont en outre un fourrage de va-leur, important surtout au début de la saison de pluies. Les bergers escaladent les arbres et cassent les pousses pour les animaux qui at-tendent dessous. Le fruit populairement appelé « pain de singe », a également des usages alimentaires. La pulpe séchée, dure et blanchâtre, renferme 75% de glucides, des teneurs importantes de calcium, de phosphore, de vitamine C et de la thiamine, riflavine et niacine. Pressée ou séchée, la pulpe des fruits, après dissolution dans leau, donne des boissons rafraîchissantes, riches en vitamines B1 et C. Les jeunes plantules et les racines de jeunes plants se mangent comme des asperges. Les graines noires enfermées dans la pulpe sont parfois grillées et consommées en période de famine. Cest un aliment intéressant car elles contiennent plus de protéines que larachide; leur pourcentage de lysine (acide aminé indispensable à la croissance) est plus élevé que chez les Légumineuses. Il mériterait un plus large emploi dans lalimentation des enfants. Fermentées, elles ont un goût damande. Les multiples usages alimentaires des feuilles, de la pulpe et des graines jouent un rôle im-portant dans léquilibre nutritionnel des popula-tions de la zone soudano-guinéenne, absorbant peu de poisson, de viande ou de fruits et légumes frais. Lécorce est employée comme adoucissant pour combattre les inflammations du tube di-gestif et les différentes fièvres. Les paysans extraient les fibres de lécorce, au moment de la montée de la sève, sur 1,50 m de hauteur et sur toute la circonférence, pour confectionner des cordes et cordages ; autrefois ils sen fa-briquaient des vêtements. Le bois tendre et spongieux nest pratiquement pas utilisé. Il contient beaucoup deau, jusquà 10 000 l dans les gros arbres. En cas de di-sette, il est mâché par les hommes et les ani-maux et apaise la soif. Les vieux arbres com-portent souvent des cavités naturelles ou creu-sées qui servent soit de citernes à eau (pen-dant plusieurs mois au Soudan), de grenier à céréales et autres provisions, de refuges ou, par endroits, de lieu de sépulture. Le bois des arbres foudroyés ou morts de vieillesse se ré-duit en compost quon répand sur les champs. On extrait des racines une teinture rouge. Evi-dées, les coques ligneuses des fruits servent de puissettes à eau, et réduites en cendres, dengrais ou de matière première pour savon. Usages avérés en pharmacopée: Ecorce: Fé-brifuge, antidote pour Strophantus. Feuille(s): Asthme. Pharmacopée traditionnelle: Racines: Forti-fiantes. Paludisme. Ecorce: Paludisme, in-flammation du tube digestif, carie dentaire, anorexie, lumbago, rickettsiose. Feuilles: Diu-rétiques, diaphorétiques, aussi utilisées comme antidiaphorétiques, toniques. Fièvre, diarrhée et dysenterie, lumbago, ophtalmie. Fruits Pulpe: cicatrisante. Diarrhée infantile, tuberculose. EMPLOIS ET POSOLOGIE POUR DIARRHEE INFANTILE Préparer une gelée de 20 g de pulpe farineuse dans 250 ml deau bouillante. La posologie recommande une tasse (150 ml) à 0,5 l de cette gelée par jour jusquà arrêt de la diarrhée. En cas de persistance au-delà de 72 heures, il est fortement recommander de consulter un praticien (infirmier ou médecin). Ecorce: Plaie. Fibres rouges: emménagogues. Aménorrhée. Graines: Galactagogues+, contrepoison du Strophanthus. Carie dentaire, gingivite, paludisme, rougeole, gastrite. Gomme: Plaie. Sève: Carie dentaire. Usages alimentaires et culinaires: Feuilles: condiment alimentaire. Fruits: Pulpe, boissons acidulées et sucrées, condiment culinaires. Coque réduite en cendre: succédané du sel. Coque réduite en poudre: succédané du tabac ou mélangée au tabac à priser. Graines: Oléa-gineuses. Usages agricoles, pastoraux et vétérinaires: Ballonnements (bovins). En fin de saison sè-che, lors de pénuries de fourrage, chevaux et ânes sont amenés à en manger spontanément lécorce. Feuilles, Ecorce: Remèdes pour che-vaux. Rameaux, Feuilles, Fruits (pulpe): Don-nées au bétail en saison sèche, diarrhée chez les bovins. Par manque de fourrage, chevaux et ânes mangent spontanément lécorce en fin de saison sèche. Fleurs: Attirent les abeilles et oiseaux, généralement fécondées par les roussettes. Fruits (coque): Dermatophilose+ des ruminants. Usages domestiques, artisanaux et industriel: Tronc: Creux, sert dabri, de grenier, de réser-voir deau, détable. Servait jadis de tombe aux griots (Sénégal). Racines: Teinture rouge. Ecorce: Cordes dinstrument de musique, cor-dages, liens, filets, nattes, teinture rouge. Fruits (pulpe fumée): Répulsif contre les mouches. (+ plante utilisée en association avec dautres composants) |